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Auteur/autrice : Claude Meillet

Vous avez dit ‘’déontologie’’ ?

Jonathan le découvrait avec un peu de retard, mais beaucoup d’étonnement.
Une nouvelle discipline a pénétré le monde des entreprises. On y trouve maintenant des ‘’déontologues’’.
Ce qui veut dire, comme dirait Monsieur de La Palice, qu’on y a reconnu un besoin de déontologie.
Il est fortement probable, se dit-il, que les petits et les gros délits, corruptions, malversations, détournements, tricheries et autres joyeusetés, ont prospérées de tout temps dans l’économie, le commerce, l’industrie, les services.
Mais il est aussi certain que la transparence accrue car inévitable, le danger de médiatisation, la force de dissuasion que constituent les réseaux sociaux, ont donné au phénomène une trop grand visibilité pour ne pas tenter de le contrôler.
Prévenir pour guérir, c’est la raison d’être de ce déontologue, découvrit Jonathan.
Prévenir : vérifier la bonne conformité, en particulier (tiens, tiens….) en matière financière, établir des règles de bonne conduite, intégrer au fur et à mesure toutes les nouvelles dispositions, diffuser une pédagogie éthique, assurer la prise en compte des exigences des actionnaires, clients, des collaborateurs, de la société civile.
Guérir : la fraude et la corruption, petite comme privilégier un fournisseur ami et grande comme le délit d’initié, l’ignorance voulue ou pas de normes contraignantes, les mauvais comportements comme le harcèlement moral ou sexuel, le mensonge pour embellir l’image externe ou pour mettre sous le tapis un défaut pénalisant….
Sans oublier que, globalement, ‘’déontologuer’’ osa Jonathan, c’est éviter de ternir ce qui compte de plus en plus dans le monde d’aujourd’hui, l’image de l’entreprise.

Mais, se dit-il, enfourchant un de ses sujets d’observation favoris, le déontologue ne pourrait-il pas étendre son territoire à un autre domaine de la vie publique, où son intervention ne serait probablement pas inutile ?
Le monde politique. Par exemple. Mais pas tout-à-fait par hasard.
Tous les pays bénéficient d’une saga permanente de scandales plus croustillants les uns que les autres. Une éminente candidate qui  risque de distiller des secrets d’état via son mail personnel,  un politicien pour le moins chevronné qui emberlificote les juges, des fonds de provenance diverses qui naviguent entre des paradis fiscaux exotiques, on a l’embarras du choix.
Et sur ce terrain comme bien d’autres mais plus glorifiants, on ne peut pas proclamer haut et fort, qu’Israël soit en reste.
A gauche, à droite, au centre, chez les religieux comme chez les laïcs, au niveau national, régional et local, le déontologue pourrait, sans effort, trouver du grain à moudre.
Comment ? imagina un moment, Jonathan.
Prévenir : établir des règles claires, largement diffusées, obtenir des engagements de comportements, avant élections bien entendu, diffuser une pédagogie éthique aussi, pourquoi pas, comparer périodiquement les réalisations aux promesses.
Guérir : les retournements de veste, l’oubli des engagements, la concussion plus ou moins ouverte, l’enrichissement sur fonds publiques, les privilèges accordés, la discrimination, le détournement de la loi, alliance contre nature, la liste  risque d’être longue.
A l’impossible, nul n’est tenu, tempéra Jonathan.
Mais, déontologue en politique, tout de même, ça ferait bien sur une carte de visite !!

L’impasse inégalitaire

Apparemment, tous les chemins y conduisent.
Le point d’alerte avait été cette merveilleuse expression, ‘’le contrat zéro heure’’.
D’autant plus qu’elle s’imbriquait dans un titre lui aussi très alléchant : ‘’Le contrat Zéro heure, une spécificité britannique qui séduit’’.
Ces insulaires, se dit Jonathan, ils n’ont pas seulement inventé l’eau chaude, les voilà qui nous surprennent avec un ‘’zéro heure’’.
Mais, comme souvent avec nos amis d’outre-quiévrain, il vaut mieux regarder les choses de près. ‘’Zéro heure’’, en fait signifie ‘’à l’heure’’. L’entreprise appelle l’employé uniquement quand elle en a besoin et le paye pour les heures effectuées. Et cette fameuse spécificité britannique, si elle séduit l’entreprise qui y trouve toute la flexibilité qu’elle recherche, caractérise tout de même les postes en contrat zéro heure par une précarité de plus en plus envahissante. Avec, en fait de prime, une situation de sous-emploi et d’imprévisibilité permanente pour l’employé.
La découverte de cette ‘’spécificité’’ s’inscrivait dans la mise en relief d’un phénomène clé, relevé dans la bataille électorale britannique, l’inégalité grandissante des revenus dans cette belle ile.
Les riches anglais ont un problème. Ils deviennent de plus en plus riches. Depuis 10 ans, le top 1% s’est enrichi de 100%. C’est vrai, l’économie est en croissance, le chômage a baissé, mais les pauvres sont aussi devenus plus pauvres. Les visites dans les banques alimentaires ont augmentées de 18% en un an.

Justice soit rendue aux sujets de Sa Majesté, tempéra Jonathan.
Ils ne sont pas seuls sur ce point.
L’inégalité prospère partout, constata t- il. Dans les 34 pays de l’OCDE, donc France y compris,  le revenu moyen  des 10% les plus riches est passé depuis 1980 de 7% à 10% plus élevé que le relevé de 10% des moins riches. Il reprit la lecture de ces chiffres trois fois pour finalement comprendre : ça empire.
Et lui revint en mémoire, les autres statistiques, toutes aussi concordantes, qui démontraient qu’en Israël aussi, l’écart inégalitaire se creusait, comme ailleurs, très régulièrement. Et même avec beaucoup de bonne volonté, l’argument spécifiant que la pauvreté se répartissait à parts égales entre les populations religieuses, arabes et séculaires juives, ne le convainquait pas de la relativité du phénomène.

Alors ?
L’hypothèse oligarchique ? Les politiques publiques, partout, privilégient les plus fortunés ?
L’hypothèse de démission populaire ? Les politiques publiques ne font qu’entériner une fatalité que les plus pauvres n’ont pas l’énergie de contester ?
Ou….si le système capitaliste lui-même n’était pas arrivé au bout de sa logique ?
Est-ce que le temps n’est pas venu d’inventer, sinon un nouveau système, au moins une variante ?
Et Israël. Ce pays de l’innovation. Est-ce qu’il ne serait pas, parmi tous les pays, le plus à même, d’offrir à nouveau un système revisité par la recherche de l’égalité ?
Jonathan soupçonna que le constat tournait en rêverie, sur un terrain glissant.
Arrêtons là, se dit-il, principe de précaution.  

Déconnexion, vous avez dit déconnexion…

A qui se fier ?
Aux politiciens, aux journalistes, aux experts, aux protestataires, aux copains, au café du coin, aux penseurs, artistes ou écrivains,  ou à son propre jugement ?
A quelle aune faut-il apprécier la situation réelle, actuelle, d’Israël, se demandait Jonathan en se pinçant le menton.

Les politiciens, a priori les plus à même de faire connaître la situation et la nature exacte des questions qui se posent, apparaissent plus perdus dans des recherches autocentrées de prise de pouvoir, d’équilibre branlant de forces et de personnes, de coalitions de circonstance, que dans l’analyse fine du court, du moyen et encore moins du long terme du pays.
Idéologies évanescentes remplacées par des erzats de pensées, action structurée remplacée par la réaction à l’immédiat, sable mouvant des mutations géopolitiques, responsabilité critiquée allant jusqu’à la suspicion de malhonnêteté, manque d’anticipation, ….le politique lui semble ici comme ailleurs, déconnecté du pays social, économique, culturel et peut-être même militaire.
La politique doit se reconnecter au pays réel.

Les médias, peut-être ?
Hélas, eux aussi, encore plus, coincés dans l’accélération du temps, par l’avalanche d’informations, la recherche éperdue de sensationnel, la hantise de l’audience, par la concurrence nouvelle des réseaux internet, survolent presque toujours, répètent à satiété, traitent rarement en profondeur de façon non partisane.
Trouver la bonne focale ne sera pas facile.

Alors, les experts, en un peu tout, aux avis définitifs ?, Les maîtres à penser, impressionnants, tranchants, mais qui se répartissent dans un large panorama, du rouge au noir, de la catastrophe annoncée au succès affirmé ?
Lequel est le mieux branché sur la vraie vie, foisonnante, contrastée, compliquée,  de ce pays ?

Ou bien ces copains, de la droite, du centre ou de la gauche,  qui se livrent à des démonstrations et à des joutes enflammées ? Jusqu’au point de rupture, qui ne se produit heureusement jamais.
Quant aux discussions de cafés, imposées par la voix de stentor des israéliens et hautes en décibels des israéliennes, aussi passionnées soient-elles, elles relèvent plus du spectacle que de la méditation et se terminent généralement dans un consensus d’éclats de rire.
C’est de la connexion décontraction.  

Et pourtant, elle tourne, comme a dit naguère, Galilée, et comme se le répétait Jonathan.
La société israélienne, elle, pleinement connectée sur le monde moderne, maintient son train d’enfer, en dépit des crises qui secouent les pays occidentaux, les émergents. En dépit même des guerres comme celle de Gaza, des dangers régionaux, des opérations de boycott, de l’enlisement du conflit palestinien.
L’excellence en hi-tec, la floraison de start-up, l’amplification des exportations, la richesse culturelle, le développement urbain, les voyants restent au vert, sans compter la disponibilité des ressources gazières.
En même temps que les problèmes se cristallisent. Concentration de la richesse et accroissement de la pauvreté, difficultés de logement, frustration des minorités, latence des dangers aux frontières….

Un pays, donc, établi, vivant, empli de ses réussites et de ses échecs, passionné et passionnant.
Mais aussi un pays en manque de vigies qui lui soient connecté,  qui sachent interpréter sa trajectoire et anticiper sa projection.
Est-ce qu’il manquerait un pilote dans l’avion, se demanda Jonathan ?

Mère Europe


Jonathan déplaça le projecteur.
Ou plutôt, il agrandit la focale. Il déborda des frontières de la France et l’agrandit à celles de l’Europe.

De façon homothétique, les décalages observés pour la France se reproduisaient, à l’analyse, pour l’Europe.
Décalage passé/présent : grand espoir transformé en désespérance, source des grands principes de vie publique actuellement en plein errements de structure politique, tentant d’imposer une Europe unie à une Europe polycentrique, opposant un esprit de défiance à un héritage humaniste, l’Europe, veuve de son statut d’éclaireuse du monde passé lutte pour rester dans la lumière du monde actuel.
Décalage identité voulue, identité perçue : l’Europe populaire, profonde, historique, qui disparaît sous l’Europe récente, étatique, artificielle, le handicap de la cristallisation des spécificités nationales, l’universel des sciences, de la philosophie, de l’éthique évanoui pour des Européens au regard effaré, vide, sans idéaux transcendantaux, illustrent la difficulté à superposer l’Europe de la réalité et l’Europe idéale.
Décalage culture et société : Europe du sud catholique et Europe du Nord protestante, construction économique en souffrance d’une vision explicite, la matrice gréco-romaine et judéo-chrétienne attaquée par un islamisme radical, opposition centralisme/fédéralisme, multiculturalisme et mondialisation de l’ère internet, tous font apparaître un modèle européen coupé de ses racines, en quête d’une âme collective.
Décalage Europe et mondialisation : une Allemagne de nouveau dominatrice mais interdite de message universel par l’effroyable aventure nazi, un affaiblissement constant économique, politique, militaire de l’Europe la marginalisant par rapport à l’effet de masse, l’attractivité des autres ensembles géostratégiques, mettent en lumière la nécessité pour l’Europe d’affirmer sa spécificité, son rôle, son poids, dans l’échiquier mondial.
Décalage pessimisme et réalité : un bazar économico-politique dissimulant l’existence effective d’une Europe de la médecine, des sciences, de l’éducation, de la culture, une interrogation interne contrastant avec la certitude à l’échelle du monde qu’elle représente un fait sans retour, des Européens qui aiment l’Europe mais pas son mode de fonctionnement, la conjugaison de la force de la place financière anglaise à la puissance économique allemande et à l’attractivité du style de vie français, confirment, sous l’apparence de la fragilité et de l’artifice, l’enracinement actif d’une société européenne en pleine germination.

Là encore, le diagnostic s’imposa.
Mère ignorée des démocraties du monde, dépourvue de ses racines anciennes comme d’une âme nouvelle, indécise et cependant en mouvement, l’avenir identitaire de l’Europe relève de fait, de sa capacité à fonder sa légitimité au temps présent sur le contenu régénéré de son temps passé.
L’Europe doit rebâtir son statut et son identité à partir de son statut historique de mère fondatrice. En inversant le rapport actuel avec les nations qui la composent, non plus en construisant une maison neuve mais en les invitant à rentrer à la maison de famille, en retrouvant les principes initiaux de la vie commune.
Et vis-à-vis des nations extérieures, en reprenant son rôle de promotrice des idéaux de vie collective.

Jonathan sentit arriver, au bout du diagnostic, la réponse identitaire, le concept d’identité.
La Terre Mère
Il restitue l’Europe dans sa dimension historique.
Il lui redonne sa charge d’universel, sa place originelle dans l’histoire du monde.
Il donne au projet européen, politique, économique, administratif, social, culturel, un substrat conceptuel et spirituel authentique.
Il inscrit le rassemblement des nations européennes non seulement dans un effet de réalisme et de rationalisation mais aussi comme un ‘’retour à la maison’’ d’enfants adultes éparpillés, dans une dimension aussi émotionnelle.
Il inverse la relation Europe/Etats-nations en conduisant non plus à demander ce que leur apporte l’Europe mais ce qu’ils peuvent apporter à l’Europe.

Le système identitaire coula ensuite ’’de source’’.

Concept                                LA TERRE MERE

Notions fondatrices               PENSEE                            FORCE                           FAMILLE
                                              Humanisme                        Equilibre                         Partage
                                              Vision                                 Poids                               Racines
                                              Création                              Universel                         Héritage

Style                                     EPUREE                              PUISSANT                    HUMAIN

Jonathan respira.
Le double ensemble identitaire, pour la France et pour l’Europe, avait pris forme.
Il savait qu’il devait la garder, lui, la forme, pour donner le mode d’emploi des deux systèmes d’identité.
Sous peine d’en faire des objets identitaires non identifiés.

France : retour vers le futur

Jonathan relisait de temps à autre, ‘’L’âme des peuples’’, petit livre fulgurant écrit par André Siegfried, un de ses guides pour démêler les choses.
Beaucoup plus parlant que ce mot si ambigu, identité.
Armé de sa certitude – la France doit puiser dans sa richesse originelle les forces de revitalisation de son identité, André Siegfried dirait sans doute, retrouver son âme – il dirigea vers elle son point de focalisation.


Tout d’abord, décalage histoire/présent : conscience grandissante d’un écart entre un héritage historique prestigieux et un délitement contemporain, et installation d’un sentiment croissant de dissolution d’une richesse identitaire passée.
Décalage identité voulue et identité perçue, ensuite : le remplacement du sentiment national par le sentimentalisme et de l’histoire par le roman médiatique, constituent ensemble la source d’une frustration interne et d’une désillusion externe vis-à-vis de l’image France.
Décalage culture et société, encore : vide sociologique créé par l’effondrement du catholicisme et du communisme, écart exponentiel entre les principes de liberté, égalité, fraternité et une réalité clivante, riches/pauvres, actifs/sans emploi, bien-vivre/mal vivre, tradition diversité/peur islamisation.
Décalage France et mondialisation : repli hexagonal à contretemps de l’irrésistible globalisation, insertion européenne et altération de souveraineté, social protecteur et économie à encéphalogramme plat.
Décalage pessimisme et réalité : économie anémique, sondages alarmistes, tradition de l’auto dénigrement, masquant démographie positive, haut niveau médical, scientifique, éducatif, surmédiatisation du déclin contredit par le nombre de grands groupes mondiaux, la multiplication de start-up, la position forte en haute technologie, la culture du bien-être tempérant le tout avoir.
Tout chaud se son analyse, Jonathan s’engouffra dans le diagnostic.
L’identité de la France doit être recréée. Non pas inventée, comme pour une jeune nation, mais réinventée à partir du temps retrouvé, de son passé délaissé.
Elle doit jeter un pont entre le temps retrouvé et le monde contemporain, ‘’persévérer dans son être’’ et ‘’ressusciter l’avenir d’une longue mémoire’’ pour reprendre une double citation.
Et le concept d’identité s’imposa : L’Humanisme Le maître André Siegfried aurait dit ‘’l’âme de la France’’.
Il capitalise sur un contenu identitaire dormant en interne et sous-jacent à l’extérieur. Il est différenciant car positionné sur l’être dans un univers devenu celui de l’avoir, exprime une vérité historique et la réalité d’un principe de vie. Il situe l’exigence identitaire au plus haut niveau, dans un effort radical de réinvention. Il relie l’identité historique de la France à l’identité historique de l’Europe. Il manifeste une audace retrouvée pour le pays lui-même et non plus dans une prétention universelle. Il établit le lien entre la tradition française de renaissance et l’univers du digital, d’internet et de l’image.
Dans la foulée, Jonathan lança la structuration su système identitaire.
Concept identitaire : HUMANISME
Notions fondatrices : Liberté Egalité Fraternité
Entrepreneur Engagement Bien-être
Ouverture Devoir Culture
Ambition Efficacité Emotion
Style ACTIF CONCRET HUMAIN
Ouf !
Conscient de l’apparence d’idéal, on allait lui dire idéaliste, de la conclusion de cette étude identitaire, Jonathan se raffermit dans sa position de débat, sinon de combat.
L’identité n’est pas un état. Elle est action. L’humanisme pour la France doit redevenir principe d’action.
‘’Vaste programme’’ aurait dit le Général.


par Clm pour Tel-Avivre

France/Europe, à la recherche du temps perdu

Pourquoi mener en simultané la double recherche identitaire ? Simplement parce que, qu’on le veuille ou non, la réalité européenne s’est installée. Inévitablement, l’Europe influe sur les identités nationales qu’elle recouvre, comme elle influe sur la vie des Etats, la vie des citoyens.


Jonathan connaissait les clés du bon aboutissement de son étude.Et la première d’entre elles. D’abord, se laver la tête. Examiner la situation identitaire le plus objectivement possible, en dehors de tout cliché, de tout préjugé. Il s’immergea. Interviews qualitatifs, confidentiels. Potasser tous azimuts, livres, articles, sites, études. Puis, foin de neutralité, il exerça alors son ‘’droit de regard’’ sur la photographie ainsi obtenue. Il vit monter, au fur et à mesure de son analyse, les quelques pixels majeurs lui donnant son sens.
Et, de lui-même, le diagnostic s’imposa.
La France comme l’Europe, toutes deux sont confrontées à la nécessité vitale d’ajuster leur curseur identitaire au règlement du curseur du temps.
Outre leur communauté de destin actuel, elles partagent la particularité d’un enracinement historique, d’une échelle différente mais pour toutes deux très ancien. Toutes deux sont confrontées à un temps nouveau de rupture radicale. Elles subissent conjointement un décalage existentiel.
Pour la France, le déclassement d’éclaireur du monde, entraînant frustration, nostalgie, fragilisation économique, sociale, culturelle, décrédibilisation du politique, mais avec un rebond récent moderniste.
Pour l’Europe, la perte d’une richesse identitaire passée, un écart grandissant entre l’idéal historique et un réel désincarné, une vacance spirituelle, une non-affirmation de soi, mais avec les germes d’une floraison nouvelle.
La France et l’Europe sont donc contraintes, sous peine de déchéance continue, de se réinventer au sein de la reconfiguration du monde en cours.
Chacune, au regard de son historique propre, doit redécouvrir et revitaliser ses spécificités enfouies du temps passé et réactiver les lignes de force de son identité permanente.
Jonathan se dit que la suite devrait vous intéresser ….

par Clm pour Tel-Avivre –

France/Europe, à la recherche du temps perdu

France ET Europe.
Pourquoi mener en simultané la double recherche identitaire ?
Simplement parce que, qu’on le veuille ou non, la réalité européenne s’est installée. Inévitablement, l’Europe influe sur les identités nationales qu’elle recouvre, comme elle influe sur la vie des Etats, la vie des citoyens.
Jonathan connaissait les clés du bon aboutissement de son étude.
Et la première d’entre elles. D’abord, se laver la tête. Examiner la situation identitaire le plus objectivement possible, en dehors de tout cliché, de tout préjugé.
Il s’immergea. Interviews qualitatifs, confidentiels. Potasser tous azimuts, livres, articles, sites, études.
Puis, foin de neutralité, il exerça alors son ‘’droit de regard’’ sur la photographie ainsi obtenue. Il vit monter, au fur et à mesure de son analyse, les quelques pixels majeurs lui donnant son sens.
Et, de lui-même, le diagnostic s’imposa.
La France comme l’Europe, toutes deux sont confrontées à la nécessité vitale d’ajuster leur curseur identitaire au règlement du curseur du temps. 
Outre leur communauté de destin actuel, elles partagent la particularité d’un enracinement historique, d’une échelle différente mais pour toutes deux très ancien.
Toutes deux sont confrontées à un temps nouveau de rupture radicale. Elles subissent conjointement un décalage existentiel.
Pour la France, le déclassement d’éclaireur du monde, entraînant frustration, nostalgie, fragilisation économique, sociale, culturelle, décrédibilisation du politique, mais avec un rebond récent moderniste.
Pour l’Europe, la perte d’une richesse identitaire passée, un écart grandissant entre l’idéal historique et un réel désincarné, une vacance spirituelle, une non-affirmation de soi, mais avec les germes d’une floraison nouvelle.
La France et l’Europe sont donc contraintes, sous peine de déchéance continue, de se réinventer au sein de la reconfiguration du monde en cours.
Chacune, au regard de son historique propre, doit redécouvrir et revitaliser ses spécificités enfouies du temps passé et réactiver les lignes de force de son identité permanente.

Jonathan se dit que la suite devrait intéresser Hervé.

L’irruption identitaire

‘’Eruption’’ serait peut-être plus exact, se dit Jonathan.
L’obsession sociétale généralisée pour ‘’l’identité’’, lui apparaissait à la réflexion si soudaine, si impérieuse, qu’elle s’apparentait autant à un phénomène volcanique brutal qu’à l’arrivée inopinée d’une interrogation nouvelle sur la vie contemporaine.
Encore peu de temps auparavant, ce concept ne concernait que quelques spécialistes, sociologues, ou designers, ou psychologues.
Mais le changement, le changement de braquet du changement lui-même, son accélération continue, dans tous les domaines, a généré partout sur une planète interconnectée, cette quête identitaire irrépressible.
Et partout sont apparues des réponses simples à cette recherche existentielle. 
Consultation populaire à fort relent populiste, résurgence radicalisée de l’appartenance religieuse, rejet de ‘’l’autre’’ ouvrant la voie au racisme ordinaire et à ’’l’anti….’’ noir, juif,  arabe, au choix.
Réponses ignorant toutes, la complexité intrinsèque du phénomène identitaire.
‘’Identité’’, venant de ‘’idem’’. Le même. L’identité est permanence. C’est un état, ce qui demeure intangible, identique, à travers le temps qui passe.
Jonathan, sans savoir exactement pourquoi, vit remonter le souvenir des vers de Gérard de Nerval :
‘’La treizième revient….C’est encore la première.
Et c’est encore la Seule,-ou c’est le seul moment’’
Mais, à l’opposé, l’identité n’est pas que statique, elle est aussi action. Elle est l’élément moteur qui permet à cet état de se perpétuer, de s’adapter, de préserver la fidélité à soi-même au cours de ce temps qui passe.
Elle n’est pas un repli, c’est un devoir, le devoir d’identité.
Conscient du caractère essentiel de la demande identitaire, en même temps que de la nécessité d’appréhender sans a priori l’identité dans toute sa profondeur, Jonathan, après s’être fait les dents sur l’étude de l’identité d’Israël,  effectua une plongée dans les identités combinées de la France et de l’Europe.
Et, se dit-il, Telavivre en mérite bien la primeur.

Irruption Identitaire

’Éruption’’ serait peut-être plus exact, se dit Jonathan.
L’obsession sociétale généralisée pour ‘’l’identité’’, lui apparaissait à la réflexion si soudaine, si impérieuse, qu’elle s’apparentait autant à un phénomène volcanique brutal qu’à l’arrivée inopinée d’une interrogation nouvelle sur la vie contemporaine.
Encore peu de temps auparavant, ce concept ne concernait que quelques spécialistes, sociologues, ou designers, ou psychologues.
Mais le changement, le changement de braquet du changement lui-même, son accélération continue, dans tous les domaines, a généré partout sur une planète interconnectée, cette quête identitaire irrépressible.








Et partout sont apparues des réponses simples à cette recherche existentielle.

Consultation populaire à fort relent populiste, résurgence radicalisée de l’appartenance religieuse, rejet de ‘’l’autre’’ ouvrant la voie au racisme ordinaire et à ’’l’anti….’’ noir, juif, arabe, au choix.
Réponses ignorant toutes, la complexité intrinsèque du phénomène identitaire.
‘’Identité’’, venant de ‘’idem’’. Le même. L’identité est permanence. C’est un état, ce qui demeure intangible, identique, à travers le temps qui passe.
Jonathan, sans savoir exactement pourquoi, vit remonter le souvenir des vers de Gérard de Nerval :
‘’La treizième revient….C’est encore la première.
Et c’est encore la Seule,-ou c’est le seul moment’’
Mais, à l’opposé, l’identité n’est pas que statique, elle est aussi action. Elle est l’élément moteur qui permet à cet état de se perpétuer, de s’adapter, de préserver la fidélité à soi-même au cours de ce temps qui passe.
Elle n’est pas un repli, c’est un devoir, le devoir d’identité.
Conscient du caractère essentiel de la demande identitaire, en même temps que de la nécessité d’appréhender sans a priori l’identité dans toute sa profondeur, Jonathan, après s’être fait les dents sur l’étude de l’identité d’Israël, effectua une plongée dans les identités combinées de la France et de l’Europe.
Et, se dit-il, Tel-Avivre en mérite bien la primeur.

par CLM pour Tel-Avivre

‘’Identité’’, mode d’emploi

L’irruption identitaire.
Ce serait peut-être même plus vrai de parler d’éruption identitaire, se disait Jonathan.
Pour bien traduire l’explosion de la notion ‘’d’identité’’, hors de ce monde souterrain en train de naître. Si complexe, si bouillonnant, si évolutif, si renversant qu’il en devient si effrayant.
Et pour pallier l’effroi, on se raccroche à la notion d’identité, si simple et si commode. Venant de ‘’idem’’ = le même. Qui permet de rester entre ‘’mêmes’’, exclusif des ‘’autres’’. Le même, qui occulte le changement, si perturbant.
Notion, en vérité, faussement simple, donc faussement commode.

Faussement simple parce que